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Tribune de l’économiste Jacques Sapir, publiée ce jour sur Marianne2.fr



Taux de chômage en europe en janvier 2009

 

Taux de chômage en europe en janvier 2009
L’impact de la crise actuelle vient s’ajouter à la pression des délocalisations qui pèse sur l’industrie française depuis maintenant à peu près une dizaine d’années. L’évaluation précise du coût en emploi de cette pression, issue du libre-échange dans les conditions présentes, soulève plusieurs difficultés.
En effet, tout d’abord il faut savoir qu’un emploi dans l’industrie a un impact direct sur des emplois dans les services, ce qui est toujours vérifié lors de plans sociaux industriels importants. Mesurer l’impact des délocalisations uniquement sur les emplois industriels sous estime considérablement l’impact total sur l’emploi.  *

Ensuite, il faut prendre en compte le fait que dans le processus de délocalisation on doit compter trois effets distincts mais qui viennent se cumuler.
1) Les délocalisations directes

 

Il s’agit ici d’emplois déjà existants dans un pays et transférés dans un autre pays (en général par fermeture de l’usine dans le pays d’origine). On considère de manière générale que ces délocalisations ont affecté  environ1,5% des emplois industriels en France soit à peu près 0,5% de la population active.

2) Les délocalisations indirectes

Il s’agit ici de la création délibérée d’emplois à l’étranger pour servir non pas le marché local mais pour la réexportation vers le pays d’origine. On est en présence de ce phénomène quand une grande entreprise conçoit un nouveau produit et en réalise l’industrialisation d’emblée dans un pays à faibles coûts salariaux et ce à but de ré-export. Cette pratique est devenue systématique dans l’industrie automobile depuis une dizaine d’année.
Il y a là un « manque à employer » plus qu’une destruction directe d’emploi, et on peut le chiffrer dans le cas de la France entre 250 000 et 400 000 emplois, suivant les hypothèses de productivité, soit entre 1% et 1,6% de la population active.

3) L’effet dépressif sur le marché intérieur

La menace des délocalisations et le chantage auquel se livrent les entreprises ont conduit à maintenir les salaires dans l’industrie à un niveau très faible et à exercer une pression croissante sur les salariés. La faiblesse des revenus tend à déprimer la consommation et donc la demande intérieure.


La pression sur les salariés, pour que les gains de productivité compensent les gains possibles en bas salaires, est une des causes principales du stress au travail et des maladies qui en sont induites. Faute d’une enquête épidémiologique systématique en France, le coût de ces maladies n’a pas été globalement estimé. Pour des pays comme la Suisse ou la Suède, où des enquêtes systématiques ont été réalisées, on arrive à 3% du PIB. En France, ceci signifierait près de 60 milliards d’Euros, qu’il faut comparer aux 15 milliards du déficit de la sécurité Sociale. Il est clair que si les gains salariaux avaient pu suivre ceux de la productivité, et si l’on avait pu économiser ne serait-ce que 1% du PIB en cotisations tant salariées que patronales, on aurait eu un impact très fort de ce surcroît de pouvoir d’achat sur la croissance. On peut alors estimer à 1% de la population active au minimum le gain en emploi (ou la réduction du chômage) que l’on aurait pu obtenir. Cependant, ce gain est global et ne concerne pas uniquement l’emploi industriel.

 

La combinaison des effets indique que la pression du libre-échange coûte environ 2% de la population active en emplois industriels perdus ou non créés. Ceci correspond probablement à une perte globale (avec l’effet multiplicateur habituel de l’emploi industriel sur l’emploi global) de 3% à 3,5% de la population active. À cela, il faut donc ajouter un minimum de 1% de la population active, perdu en raison de l’effet dépressif direct et indirect.

Alors qu’avant la crise le taux de chômage en France était de 8,3%, l’effet net du libre-échange représenterait ainsi au moins la moitié de ce taux (4% à 4,5% de la population active). Le libre-échange et l’impact des politiques prédatrices hors et dans l’UE n’est pas le seul facteur. La hausse de l’Euro est aussi un élément qui induit une perte d’emplois non négligeable.

Il faut de plus souligner l’aspect dynamique du chômage ou du retour à l’emploi

Un taux de chômage qui aurait été ramené à 4,3% signifie immédiatement un équilibre des comptes sociaux (voir un excédent pour certains d’entre eux). Non seulement le budget de l’État n’a plus à contribuer au financement des caisses mais les cotisations peuvent être réduites ou les prestations améliorées. Ceci signifie une injection supplémentaire de pouvoir d’achat (salaires et profits) se traduisant par une consommation et un investissement plus élevés, et donc un niveau d’activité nettement supérieur, qui tend aussi à faire reculer le chômage.

Compte tenu de l’effet dynamique d’une réduction du chômage par élimination des effets du libre-échange, un taux de chômage de 3% à 3,5% apparaît comme plausible, soit, par rapport à 2007 un gain de 4,8% à 5,3% de la population active. Le chômage aurait été entre 36% et 42% de ce qu’il a été. Inversement on peut donc affirmer que le coût total du libre-échange, en incluant les effets induits et dynamiques, a été d’accroître le taux de chômage de 138% à 177% suivant les hypothèses de gain de productivité et d’effet multiplicateur.

On doit ajouter que cette évaluation est sans doute un peu excessive car elle suppose implicitement que les emplois créés eussent pu être occupés aux niveaux de qualification nécessaires sans engendrer de poussée inflationniste. Une telle hypothèse suppose en réalité une politique de formation très agressive et très efficace, comme on a pu en voir dans des pays d’Europe du Nord mais pas en France. L’existence d’un probable biais inflationniste réduirait alors l’impact positif de l’effet dynamique de la réduction du chômage. Hors effet du libre-échange, le taux de chômage se serait sans doute stabilisé vers 4% - 4,5%, ce qui n’en aurait pas moins été un résultat bien meilleur à celui de l’évolution réelle.

Un autre élément dont on doit tenir compte, mais qu’il est difficile de simuler sauf à se livrer à un exercice très détaillé, est l’impact de ces créations d’emplois sur des bassins industriels régionaux. L’existence d’un impact régional dans les bassins traditionnels des industries ayant subies des effets de délocalisation est indiscutable, mais ne peut être discuté avec précision au niveau de généralité de la présente présentation.


« “L’écologie politique est une vision du monde”


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Courrier de Jean-Marc AYRAULT aux députés,

     Cher(e) Collègue,


Le Gouvernement, pour accréditer la thèse d’un recul, a mis en avant plusieurs arguments : recours aux seuls salariés volontaires, doublement de la rémunération, exclusion des grandes surfaces alimentaires et renoncement à étendre à huit dimanches par an le droit d’ouvrir. La focalisation sur ces points a permis de  masquer l’essentiel du projet.

La réalité est pourtant très différente, à tel point que la CGPME demande la suppression de la plus grande partie du texte. Le texte opère une généralisation totale du travail dominical, sans contrepartie pour les salariés. Il est énoncé que « dans les communes touristiques ou thermales » les commerces de détail peuvent « de droit » occuper leurs salariés le dimanche durant toute l’année. Le classement au titre de « commune touristique » est accordé par le préfet sur demande du maire, sauf à Paris, où le préfet de Paris se substitue à lui.

J’attire particulièrement votre attention sur ce point : un maire qui obtiendra le classement de sa ville en « commune touristique » donnera le droit aux commerces de sa ville, sur tout le territoire, de faire travailler leurs salariés tous les dimanches de l’année, sans aucune condition de saisonnalité. Selon la loi du 14 avril 2006 sur le tourisme, sont ainsi visées « Les communes qui mettent en œuvre une politique locale du tourisme et qui offrent des capacités d’hébergement pour l’accueil d’une population non résidente, ainsi que celles qui bénéficient au titre du tourisme […] de la dotation supplémentaire ou de la dotation particulière identifiées au sein de la part forfaitaire de la dotation globale de fonctionnement […] ».

Sont visés évidemment Paris, Lille, qui a été capitale européenne de la culture, Marseille qui va l’être, Lyon, Nantes, Toulouse, Rennes, Bordeaux, Strasbourg… pour ne citer que les grandes villes. Et, par le décret n°2008-884 du 2 septembre 2008, définissant les critères de classement, cela est valable pour un très grand nombre de communes ; la France demeurant la première destination touristique mondiale.

Bien évidemment, dans les zones littorales et en montagne, les conséquences seront identiques : Le Havre, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO comme le Val de Loire, Grenoble, Brest, Lorient, St Malo, St Jean de Luz, Dax, Tour, Caen, Quimper, Troyes, Reims, Châteaurenard etc. La liste des communes éligibles est immense.

Si la proposition de loi est votée, le travail sera de droit le dimanche dans ces communes sans aucune contrepartie pour les salariés. Pour eux, ni salaire double, ni repos compensateur obligatoire, ni nécessité d’être volontaire. Au contraire, le refus d’accepter de travailler le dimanche serait passible de licenciement en application du droit du travail ! Aux communes susvisées, il faut ajouter les zones touristiques d’affluence exceptionnelle, ce qui ouvre un peu plus le champ des possibles.

Ainsi à rebours de tous les discours officiels, c’est bien une banalisation du travail dominical que la majorité entend mettre en œuvre, ce que n’a pas démenti en commission le rapporteur Richard Mallié.

Les promoteurs de la nouvelle proposition de loi remettent en cause un équilibre social multiséculaire dans notre pays. Toutes les raisons pour lesquelles nous nous sommes opposés au premier texte présenté en décembre 2008 demeurent donc entières.

                                                     Jean-Marc AYRAULT


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C'est à l'unanimité que les 204 députés du Groupe Socialiste, Radical et Citoyen ont réélu mardi Jean-Marc Ayrault à leur tête.
"Les députés socialistes dans leur très grande majorité ont souhaité rester unis et forts pour continuer le combat contre la droite, parce que c'est ce mandat que les Français leur ont confié ", a déclaré Jean-Marc Ayrault à l'issue de sa réélection. "Ce qui est important c’est que l’on joue collectif et que l’on continue à jouer collectif, parce que la bataille contre la droite, contre le système Sarkozy, est particulièrement rude" , a-t-il encore expliqué.


Cette élection souligne la volonté des députés socialistes de poursuivre collectivement, par la discussion et le rassemblement, leur action offensive déterminée, positive et pertinente contre la la politique du gouvernement. Président du Groupe Socialiste depuis 1997, Jean-Marc Ayrault s'était engagé à remettre en jeu son mandat tous les ans.


Vous retrouverez ci-dessous le texte de l'allocution que Jean-Marc Ayrault a prononcée à l'issue de sa réélection.

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Le député socialiste, président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, répondait mercredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie :

Il faut élaborer un projet dans une démarche participative.
Jamais on n'a été aussi fort dans les régionsn les mairiesn les départements : on nous fait donc confiance au niveau local.
Martine Aubry et Ségolène Royal vont travailler ensemble.
Ca suffit les querelles de personnes et d'être divisés. Il faut  donner des responsabilités aux trentenaires...


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